Sonntag, 18. Mai 2008

Parce que mon année dans la prairie s'achève










Et parce que Margot (le M du FFM) habite à Berlin, tout s'annonçait pour un magnifique séjour.
Ce fut en effet une très belle semaine, bien remplie. Je suis retournée à Berlin pour une troisième fois. Margot m'a amené à un de ces cours à l'université, à la chorale pour chanter le Deutsches Requiem de Brahms et à son cours de tango où j'eus un bref aperçu de la chose. J'en ai également profité pour voir le Schloss Charlottenburg avant Naomi. 1 à 0 pour moi!
Fait divers totalement intéressant. Je regardais la programmation du Deutsche Oper von Berlin pour un spectacle à aller voir jeudi soir. Ils annoncent "Traumgörge". Ça ne me dit rien. Je
regarde le nom des créateurs et je vois Jacques Lacombe direction d'orchestre. Je me dis pas
vrai! Il faut que j'aille voir ça. J'ai donc amené Margot et son copain au Deutsche Oper. Il
s'agissait d'un opéra contemporain mêlant références aux contes de fées et message politique virulent. Bref, nous sommes allés saluer le chef à la fin du spectacle. Il était tellement surpris de
me voir là. J'étais très heureuse de le revoir. Après l'avoir salué, je l'entendais encore dans le corridor qui disait "non, c'est pas vrai!"...
Je suis partie vendredi matin pour Weimar, ville culturelle par excellence. J'y ai battu mon record du nombre de musées visités en une après-midi : proche de 6. Je me dépassai! Là-dessus, comptent les maisons de Goethe, de Franz Liszt, le musée du Bauhaus, la maison du Ginkgo. Je
suis également allée voir une pièce au Deutsches National Theater mise en scène par un jeune allemand de 26 ans. Ça met la pression!
Hier, je me suis fait un devoir d'aller visiter le camp de concentration de Buchenwald. Je trouvais inconcevable d'habiter en Allemagne pour plus de sept mois sans voir un seul vestige de la deuxième Guerre mondiale. Je ne m'attendais pas vraiment à ce que j'ai vu. Je pensais marcher à travers de la poussière et quelques dépouilles de baraques où je devrais m'imaginer des scènes horribles. Or, pas besoin d'imaginer quoi que ce soit. Tout est là. Enfin, presque. Ce qui s'est passé dans ces camps de concentration est au-dessus de ma compréhension, de ce que je peux supporter moralement et émotivement. C'est pourquoi l'expérience fut des plus exigeantes pour moi. Ce qu'on a fait subir aux juifs dépasse les visions les plus horribles, il m'est impossible de décrire. Je me suis sentie étouffée, prise en joug par le paysage, par l'air, par les murs du bunker, par la vue des fours crématoires. Je me suis surtout rendue compte que tout cela s'était réellement passé. C'est arrivé pour vrai. Ce n'était pas un rêve, ce n'est pas qu'un souvenir. Ce fut la réalité de tous les jours pour des années dans le cas de millions d'hommes, de femmes et d'enfants.
Pour des raisons de respect en mémoire de toutes ces victimes, je ne publierai pas mes photos prises à Buchenwald hier. Je les ai prises pour moi, afin de ne pas oublier que ça se passe encore aujourd'hui ailleurs dans le monde. Je les ai prises afin de pouvoir témoigner à mes parents de l'horreur que j'ai ressentie et vue dans ma tête lors de ma visite dans le Konzentration Lage von Buchenwald in Weimar.


Dienstag, 6. Mai 2008

Le Bade-Wurtemberg, pourquoi la Bavière???















Nous sommes parties à l’aventure par un beau matin de mai ensoleillé. Trois jeunes étrangères dans le train. Une écossaise, une américaine et une canadienne en cavale entre Würzburg et Stuttgart. Nous avions quatre jours complets devant nous. Lors de notre arrêt à Würzburg [ville transitoire pour tous nos déplacements en train], nous avons participé à une séance photo dans les jardins de la Residenz (visitée dans un voyage précédent). Suite à notre pause artistique (pauses artistiques), nous sommes arrivées à destination vers la fin de l’après-midi. Katrin avait remarqué que la fameuse galerie d’art était ouverte jusqu’à 21h le jeudi. Nous nous sommes alors précipitées au musée. J’ai pu admiré (une fois de plus, c’est vrai) de véritables Kandinsky et Klee ainsi que des Picasso et des Renoir absolument fabuleux. L’ordre des tableaux laissait toutefois à désirer. Je crois que c’était la première fois que je voyais des tableaux modernes et des renaissances dans la même salle rassemblés sous une thématique commune.
Changement de programme. Nous nous rendîmes au festival des films d’animation de Stuttgart édition 2008. Nous nous installâmes avec notre pizza, notre bière et nous regardâmes (presque) en entier le film des Simpson (ils ont interrompu la présentation des courts-métrages pour ce block buster américain). Malheureusement, il fut un moment où la température baissa drastiquement et où la bière fit de même. Nous changeâmes donc de lieu et optâmes pour un bar dans le quartier étudiant. Notre consommation d’alcool remonta assez rapidement (évidemment, la température suivit). Le lendemain matin, Katrin alla visiter le zoo de Stuttgart à 8h du matin. Comme vous vous en doutez, j’ai opté pour la solution « dormir tard, manger une pâtisserie sur le pouce et me rendre au Kunstgebäude von Stuttgart découvrir le peintre allemand Dieter Krieg ». En début d’après-midi, Katrin est venue nous rejoindre avec son amie allemande Patrizia. J’ai donc pu exercé mon aptitude à converser en allemand avec quelqu’un dont l’accent n’est pas aussi prononcé qu’en Bavière. Je dois confesser que j’ai passé l’après-midi à magasiner dans la Hauptstrasse de la magnifique capitale du Bade-wurtemberg. Cette journée s’est terminée sur un opéra plutôt méconnu de Mozart : Idomeneo. La mise en scène osait un genre moderne efficace. Quant à la musique, ce dernier opéra seria de la première période du compositeur autrichien reflète une riche texture harmonique. Toutefois, comme dans toute œuvre de Mozart, les idées sont présentes mais jamais complètement développées. Disons que Idomeneo regorge d’esquisses musicales inachevées.
Samedi matin, Naomi et moi partions pour explorer la contrée moyenâgeuse d’Heidelberg. La petite auberge que j’avais trouvée était parfaite : bien située, calme et typique. La fin de semaine se résume par repos, opéra (encore un!), promenade en montagne, magasinage, visite des ruines du château et bain de soleil dans le parc des étudiants. Admirez le paysage!

Freitag, 18. April 2008

zum Geburstag viel Glück!










J'ai été fêtée chez Simon, l'assistant belge, à Landau... en fait à Grossjesaispasquoi. Inutile de vous dire qu'on a bu pas mal de bières bavaroises. Le lendemain, c'était expédition visite de la ville de Passau avec les autres assistant(e)s qui nous y rejoignaient. Très belle ville, particulière à cause de son confluent de trois fleuves (Passau, die 
Dreiflüssestadt) : le bleu-le Donau, le jaune-le Inn et le noir-le Ilz. 
Pour vous renseigner davantage : http://www.bbc.co.uk/dna/h2g2/A593255
Les filles m'ont offert un beau drapeau de la Franconie signé par toute la bande. J'étais vraiment touchée. Ça me fait un super souvenir!

Retour dans la cité du chocolat, de la bière, des frites et des gauffres









J'y suis retournée. Je ne pouvais pas m'en empêcher. Tout concordait : la température, les portes ouvertes du Conservatoire, le Manneken Pis déguisé, les bandes dessinées, le Musée des Instruments de Musique, les gauffres aux fraises et à la crème.
Je me suis beaucoup promenée, j'ai beaucoup réfléchi, j'ai beaucoup écrit. J'ai aussi discuté avec quelques élèves du conservatoire et des professeurs. J'ai pris une grande décision.
Je ne retournerai pas à l'école l'an prochain. Je n'essaierai pas les écoles en Belgique. Ce qui me passionne, ce qui me tente vraiment, c'est de travailler dans le milieu, ou du moins, observer un metteur en scène professionnel, l'assister. Je pars donc à la recherche d'un pratiquant du théâtre qui voudrait bien m'accepter en tant qu'observatrice de son processus de création. [Avis à tous ceux qui en connaissent...]
L'expérience "Unter-Franken" se termine bientôt. Il ne me reste que trois semaines à enseigner. Puis, ce sera les vacances avec Naomi pour trois autres semaines. Si vous savez compter, vous vous rendez compte que je rentre au Québec à la fin de mois de mai. Pour l'instant, j'essaie de bien profiter de tout. Par exemple, hier soir, moi, Naomi et Katrin sommes allées au Weinhütte de Wiesentheid afin de participer à une dégustation de vins franconiens. Du plaisir, de l'alcool et de la bonne compagnie!
La semaine prochaine (le 25 avril, Viel Glück zum Geburstag Sara!), j'offre une heure de musique à mes collègues allemands, mes professeurs, certains de mes élèves et d'autres afin de leur partager mon amour de la musique. J'ai préparé un programme assez exigeant de 45 minutes environ et des intermèdes parlés en allemand expliquant ce que je vais jouer. Vous penserez à moi, vendredi soir. Ce qui me stress le plus est de présenter le concert en allemand. C'est le gros défi!

Mittwoch, 9. April 2008

First Time List



Let me tell you about this year. Il y eut beaucoup de "première fois". En voici la liste exhaustive. Libre à vous d'arrêter de lire lorsque vous en avez assez.

-Participer à un service religieux dans une Église luthérienne
-Aller jogger
-Composer au piano
-Parler allemand
-Être loin de la maison pendant plus de 6 semaines
-Rencontrer un créationniste
-Vivre dans une ville dont la population est inférieure à 5 000 personnes
-Voyager sans plan fixe
-Voyager complètement seule
-Rencontrer une étrangère qui m’invite à manger chez elle
-Chanter dans un micro et être guide dans un autobus de touristes
-Accompagner un enfant ALLEMAND qui ne peut descendre les côtes autrichiennes
-Skier en état d’ébriété
-Apprendre à verser de la Weiss bier dans un verre à bière
-Cuisiner dans un cimetière d’ordinateurs
-Trouver un hôtel où dormir lorsqu’on a manqué son bus de nuit, qu’il est 11h du soir et qu’on ne connaît pas la ville
-Chanter dans une chorale en allemand
-Accompagner une chorale
-Jouer de la musique de chambre en lecture à vue
-Accompagner une chorale en lecture à vue
-Aider quelqu’un à se rendre à sa chambre parce qu’elle a trop bu
-Écrire un poème en trois langues
-Apprendre l’italien
-Rencontrer des membres de ma famille à l’extérieur du Canada
-Entendre quelqu’un commenter ma future carrière en disant : « Ouais, j’ai un ami qui fait ça. »
-Enseigner l’harmonie musicale, comment lire l’heure en allemand
-Faire danser une classe de 18 élèves de 15 ans
-Enlever mes verres de contact sans avoir mes lunettes sous la main
-Première séance de photos professionnelles
-Première pose d’ongles
-Communiquer avec mes parents par caméra
-Boire un litre de bière à 10h le matin
-Regarder la télévision en allemand
-Chanter du folklore dans la cantine de l'école
-Voir un chef d'orchestre arrêter l'orchestre et recommencer en indiquant à tous les musiciens la mesure précise de la reprise
-Voir un chanteur remplacer à pied levé une vedette du monde opératique
-Jongler
-Jouer de la guitare
-Être interpellée par le directeur d'école par la fenêtre (sic.)
-Chanter dans deux chorales (une catholique et une luthérienne) allemandes

Samstag, 29. März 2008

Les ancêtres et Brel

















LES ANCÊTRES
Cette grande épopée a débuté avec la symphonie no2 de Mahler interprétée par le Bamberg Symphony Orchestra. Oui, oui, l'oeuvre immense du plus fameux compositeur autrichien du XXe siècle rassemblant le plus grand nombre de musiciens possible, deux chanteuses solistes, un organiste et un chef d'orchestre qui dirige le tout de façon magistrale. Cet heureux mélange fait vivre une large gamme d'émotions au spectateur. Donc, pour le congé de Pâques, j'ai assisté à une résurrection musicale...
En route pour les Alpes valaisannes!
J'y ai goûté des spécialités suisses comme de la fondue valaisanne, de la raclette, de la pizza à la pâte authentique italienne (seule exception qui confirme la règle), des rösties (pommes de terre émincées et grillées), des têtes de choc et de la viande séchée valaisanne.
J'y ai admiré des paysages à couper le souffle (qui est déjà court en montagne).
J'y ai rencontré des personnes d'une grande générosité :  les parents et le frère de Laetitia, sa famille italienne, ses bandes de copains, son amoureux, 
sa meilleure amie et son pot (heu, le chien de Laeti)! 
J'y ai découvert mes propres racines valaisannes. Le petit cousin de mon papa vit encore à
Évolène, un petit village perché dans les montagnes. Une rencontre émouvante avec ce Pierre Chevrier de 83 ans et sa femme Cécile, 82 ans à qui on aurait donné tout au plus une soixantaine d'années.
J'y ai appris les couleurs, les jours de la semaine, comment me présenter et les nombres jusqu'à cento en italien.
Mi chiamo Fanny. Sonno Canadiese. Ho ventitre anni. Posso contare fino a cento. Mi puoi
imparare l'Italiano per piacere? Grazie mille!
Ceux qui ont répondu "Si, con piacere" peuvent m'écrire un mail. J'aimerais vraiment apprendre
la langue...
Je me suis aussi promenée. J'ai visité Lausanne, Sion, l'ancien lycée de Laetitia (dont la vue
donne directement sur les montagnes enneigées), Évolène, le château de Chillon, les mines salivaires de Bex et d'autres patelins comme St-Maurice dont l'Abbaye est assez impressionnante.
Che bella vacanze di Pasqua!

BREL
Quel étrange pays ce plat pays! En une journée, j'ai vu pleuvoir, grêler, neiger et des éclaircis de soleil. Adrien m'a reçu chaleureusement et m'a fait goûté les 
bonnes bières à 9% dont raffolent 
tous les belges... Haha! Quelle réputation. Mais non. Ne vous en faites pas, les allemands sont 
encore pires... Pour ceux qui ne le savaient pas encore, j'ai fait un détour par Bruxelles, Mons et Louvain-la-Neuve afin de visiter les écoles qui m'intéressent pour l'an prochain. Vous avez
compris, ça veut dire que si je suis acceptée dans une de ces quatre écoles (Conservatoire royal
de Bruxelles, Conservatoire royal de Mons, IAD ou INSAS) en septembre 2008, je resterai une nouvelle année en Europe. Ne pleurez pas tout de suite et de grâce, ne me souhaitez pas
d'échouer les examens d'entrée, car cela représente un grand rêve pour la petite Fanny.
Sur une note plus joyeuse, j'aimerais vous annoncer que j'ai regardé le premier match des Canadiens de Montréal sur l'ordi d'Adrien lundi soir dernier. En pleine Belgique, nous criions "Go Habs Go!" de coeur avec la population montréalaise rassemblée au Centre Molson. Ce fut une expérience inoubliable. J'ai également joué à la touriste (rôle que je remplis à merveille) en sortant mon appareil photo et en goûtant aux spécialités belges (frites, gauffres, chocolat et bières... encore!).
Assez parlé. Et puisqu'une image vaut mille mots...