Montag, 19. November 2007

Réflexion - Romeo and Juliet



J'aurais jamais pensé vouloir monter cette pièce. Elle me semblait si inaccessible. Romeo and
Juliet
n'avait rien à voir avec moi. L'histoire ne me touchait en aucun point. Pourtant, j'ai eu
envie de regarder (une fois de plus, je le confesse) le film que Baz Luhrmann a fait d'après le texte de Shakespeare. 
Cela m'a conduit 
à la réflexion qui suit : 

Ce qui m’intéresse le plus dans cette histoire, c’est le coup de foudre que vivent les deux jeunes amoureux. À quel point on peut aimer quelqu’un qu’on a l’impression d’avoir toujours connu, même si on vient juste de le rencontrer. Ils ne se connaissent pas vraiment et pourtant ils sont prêts à tout sacrifier l’un pour l’autre. La mort leur semble la seule issue à leur amour disproportionné. Enfin, le mythe de Romeo et Juliet réfère directement au mythe d’amour de Tristan et Yseult qui se veut plus réaliste, puisque l’amour grandiose qui ensorcelle le couple est dû à un philtre spécialement conçu pour permettre à Yseult d’aimer celui auquel elle sera mariée de force. Il est déjà plus facile de comprendre le coup de foudre qui s’empare des jeunes et leur dicte des sentiments plus grands que nature. Cela n’enlève rien au génie du célèbre William Shakespeare. Tout en puisant aux sources mythiques du récit celte, Shakespeare a innové en proposant ne histoire d’amour basée sur la simple rencontre banale d’un garçon et d’une fille âgés tous deux d’environ quatorze ans. Point de potion magique ou de philtre d’amour concocté par quelque sorcière. Le poète fait plutôt confiance à la vie, aux évènements qui feront qu’amoureux de Roseline, Romeo deviendra amoureux fou de Juliet. Dans le fond, qu’a Juliet de si spécial qu’elle rendra la vie impossible à Romeo sans sa présence? On pourrait également poser la question inverse. Je crois que l’importance de la pièce ne se situe pas à ce niveau. Chacun a quelque chose de spécial pour un autre qui tombera amoureux de soi quand le temps, ou le destin en décidera. (J’y reviendrai). Tout l’intérêt de la pièce porte sur la victoire de la haine sur l’amour. Voilà ce qui en fait une des œuvres les plus fortes du répertoire théâtral de tous les temps. Le contexte qui entoure les amoureux contredit leur force d’amour et d’union. Le mariage forcé de Juliet, la haine qui déchire les parents, l’histoire pavée de guerres entre les deux clans, les duels que se déclarent les membres de chaque famille entre elles. Tous ces évènements empêchent la relation amoureuse de s’épanouir. Au lieu de pouvoir s’épanouir à travers cet amour, les deux jeunes doivent le protéger ; pire, le justifier. Cela étant impossible pour eux, ils décident de le vivre en cachette tant bien que mal. Mais voilà que lorsqu’un être aimé de Romeo est tué par un membre du clan ennemi, Romeo ne voit que vengeance afin de soulager sa peine. Posant un geste de mal (le meurtre de Tybalt), Romeo retourne dans le monde de la violence et de la haine, du non-pardon. Toutefois, Juliet (éternelle innocence) reste du côté du bien et la société sépare Romeo (actant du mal) de son objet désiré (l’être aimé, soit Juliet). Le drame par lequel la tragédie prend fin n’est qu’une suite de gestes posés par les protagonistes. Tout est savamment organisé, puisque le stratagème étant victime d’une faiblesse d’organisation confère le sort fatal aux amoureux. Or, il reste quand même une partie de volonté de la part des personnages. La mort de Romeo (le premier à vraiment mourir) est un acte de désespoir qu’il s’afflige à lui-même. Juliet (après avoir repris conscience et avoir découvert le cadavre de son bien-aimé) s’afflige le même sort. Le déclencheur de chaque mort est la mort de l’autre. C’est un peu l’œuf et la poule. Juliet commence la chaîne en ayant cours à une astuce qui la fera passer pour morte alors qu’elle ne l’est pas. La chaîne se termine quand même par la mort des membres du couple.

La religion détient également un rôle déterminant au sein de la pièce de Shakespeare tout comme celle que lui donne Baz Luhrmann. Le fac simile de la mort de Juliet provient directement du prêtre qui unit les amants devant Dieu. Le serviteur du Seigneur prend donc part à l’action de manière radicale proposant non seulement un moyen de permettre aux amants de se retrouver (clandestinement), mais il est responsable du commencement de la fin (sic).

Aujourd'hui, si je pouvais monter une pièce de Shakespeare, ce serait sans hésitation 
Romeo and Juliet : the tragedy of two lovers.
Je vous invite à m'écrire vos commentaires sur la question, ou sur le film,
ou sur la pièce, ou sur l'amour... enfin laissez-vous aller. Ça me ferait plaisir de
connaître votre opinion.


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